Le titre de Maître, abrégé Me, reste la formule de civilité utilisée pour s’adresser à un huissier de justice en France. La question de la majuscule et de l’abréviation correcte se pose d’autant plus depuis le 1er juillet 2022, date à laquelle la profession d’huissier a fusionné dans le statut de commissaire de justice. Entre les règles typographiques classiques et cette évolution du titre professionnel, les usages méritent d’être clarifiés.
Accent circonflexe et graphie de référence pour Maître
Un point souvent négligé dans les recherches sur ce sujet : la graphie elle-même. Le mot s’écrit Maître avec un accent circonflexe sur le i. La forme « Maitre », sans accent, est une erreur typographique fréquente, y compris dans des courriers officiels.
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L’accent circonflexe n’est pas optionnel dans ce cas. Il distingue le titre de civilité d’autres usages du mot et respecte l’orthographe traditionnelle validée par les dictionnaires de référence. La réforme orthographique de 1990 autorise la suppression de certains accents circonflexes, mais dans un contexte juridique formel, la graphie avec accent reste la norme attendue.
Quand vous rédigez un courrier destiné à un professionnel du droit, conserver cet accent signale que vous maîtrisez les codes de la correspondance juridique. Un détail, certes, mais qui participe à la crédibilité du document.
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Majuscule ou minuscule : la règle selon le contexte d’emploi de Maître
La majuscule à « Maître » obéit à une logique simple, identique à celle de « Monsieur » ou « Madame » : tout dépend de la fonction du mot dans la phrase.
Quand la majuscule s’impose
On écrit Maître avec une majuscule quand on s’adresse directement à la personne. C’est le cas dans une formule d’appel en tête de courrier (« Maître, » ou « Cher Maître, »), dans l’adresse postale, ou lorsqu’on interpelle le professionnel à l’oral retranscrit.
La majuscule s’applique aussi quand le titre précède le nom propre et fait office de civilité : « Maître Dupont vous recevra mardi. »
Quand la minuscule suffit
Lorsque le mot « maître » est employé de manière générique, sans désigner une personne précise ou sans valeur d’interpellation, la minuscule convient. Par exemple : « L’intervention d’un maître dans cette procédure est obligatoire. » Ici, le terme décrit une fonction, pas une personne nommée.

Abréviation Me : la seule forme correcte pour un huissier ou un commissaire de justice
L’abréviation officielle et reconnue du titre Maître est Me (M majuscule suivie d’un e minuscule). Au pluriel, on écrit Mes pour désigner plusieurs professionnels.
Plusieurs confusions circulent sur ce point :
- M. est l’abréviation de Monsieur, pas de Maître. Utiliser « M. Dupont » pour un huissier revient à ignorer son titre professionnel.
- « Mr » (sans point) est un anglicisme correspondant à Mister. Il n’a aucune place dans la correspondance juridique française.
- « Mtre » ou « Mre » apparaissent parfois dans des usages anciens ou régionaux, mais ne sont pas les formes retenues par les guides typographiques actuels.
Dans un courrier formel, on écrira donc : « Me Dupont, commissaire de justice » ou, en formule d’appel développée, « Maître Dupont ». L’abréviation Me se place toujours devant le nom de famille, jamais devant le prénom seul.
Commissaire de justice depuis 2022 : faut-il encore écrire Maître pour un ancien huissier ?
Depuis le 1er juillet 2022, les professions d’huissier de justice et de commissaire-priseur judiciaire ont fusionné sous le titre unique de commissaire de justice. La question se pose alors : le titre de civilité « Maître » reste-t-il valable pour ces professionnels ?
La réponse est oui. Le titre de Maître n’est pas lié au nom de la profession, mais à la catégorie d’auxiliaire de justice. Les commissaires de justice continuent de bénéficier de ce titre de civilité dans les échanges formels, exactement comme les avocats ou les notaires.
En revanche, la désignation professionnelle change. Il ne faut plus écrire « Maître Dupont, huissier de justice » dans un courrier officiel, mais « Maître Dupont, commissaire de justice ». L’ancien intitulé reste compris dans le langage courant, mais dans un document juridique ou administratif, la formulation à jour s’impose.
Cas pratiques selon l’interlocuteur
La formule d’adresse varie légèrement selon la situation :
- Vous écrivez à un commissaire de justice en tant que particulier : « Maître » ou « Me » suivi du nom suffit. La formule d’appel sera « Maître, » ou « Cher Maître, ».
- Vous vous adressez à un professionnel qui exerçait avant 2022 : le titre Maître s’applique de la même manière. Aucun ancien huissier n’a perdu ce titre avec la fusion.
- Entre confrères du droit (avocats, notaires, commissaires de justice), l’usage de « Cher Confrère » ou « Cher Maître » est courant, sans que la désignation professionnelle n’entre en jeu dans la civilité.
Règles typographiques à retenir pour la correspondance juridique
Au-delà du cas spécifique de Maître, la correspondance avec un professionnel du droit suit quelques conventions typographiques que les concurrents détaillent peu.
Le titre de civilité ne se combine pas avec un autre. On n’écrit jamais « Monsieur le Maître » ni « Madame Maître ». Le titre Maître se substitue à Monsieur ou Madame dans l’ensemble du courrier. Si vous souhaitez préciser le genre, la formule « Chère Maître » (au féminin) est admise, bien que « Cher Maître » reste employé indifféremment du genre dans l’usage traditionnel.
Dans le corps d’un texte rédigé (article, rapport, mémoire), l’abréviation Me s’utilise uniquement devant un nom propre. On n’écrit pas « le Me a constaté » mais « le commissaire de justice a constaté » ou « Me Dupont a constaté ».
La profession de commissaire de justice, comme celle d’avocat ou de notaire, conserve le titre de Maître parce qu’elle relève des auxiliaires de justice. Tant que ce statut juridique demeure, la formule ne changera pas, quelle que soit l’évolution des dénominations professionnelles.

